Le mariage Blanc-OL, gagnant-gagnant ?

Le mariage Blanc-OL, gagnant-gagnant ?

Le suspens n’aura pas duré longtemps. Dans le même communiqué dimanche soir, l’OL annonçait la mise à pied de Peter Bosz et l’arrivée de son successeur, Laurent Blanc. Après un rendez-vous manqué en 2019 dans le Rhône, le voilà de retour sur le banc d’un club européen, 6 ans après la fin de son aventure parisienne. Avec de réelles solutions pour un OL en mal de confiance et de résultats ?

Répondre à cette interrogation nécessite de se remémorer ses expériences passées, lui qui a pris l’habitude de s’asseoir sur des bancs prestigieux.

Un CV de champion…

Lorsque l’on regarde en arrière, la carrière de Laurent Blanc a de l’allure. Champion avec Bordeaux lors de sa première expérience, il est celui qui a mis fin à l’hégémonie lyonnaise des années 2000. Le “Président” fait vivre aux Girondins leurs plus belles heures de gloire au XXIe siècle. Le titre en 2009, agrémenté d’un parcours européen historique (¼ finale de LdC) le propulsent sur le banc de l’équipe de France un an plus tard. Après le traumatisme de Knysna, le champion du monde 98 redonne deux années durant des couleurs aux Bleus, malgré un Euro 2012 mitigé. Puis, choisi quelque peu par défaut par les décideurs du PSG pour succéder à Carlo Ancelotti, le Cévenol peut se targuer d’être l’entraîneur à la durée de vie la plus longue de l’ère QSI. 3 saisons, au cours desquelles il rafle la quasi-totalité des trophées nationaux, 11 sur 12 possibles. Les raisons de son éviction, un plafond de verre des quarts de finale dans la coupe aux grandes oreilles qu’il ne parvient pas à briser.

Avant une longue traversée du désert

Les 3 années de Blanc dans la capitale ont eu sur lui l’effet d’une lessiveuse, et le besoin de couper se fait sentir. Un choix assumé mais qui a pu porter préjudice à sa carrière. Il avoue lui-même avoir reçu des propositions “dans les deux ans qui ont suivi Paris”, toutes déclinées car il n’était “pas prêt à repartir”. Deux années passent sans entraîner, les offres se raréfient et le nom de l’ancien défenseur s’éloigne du marché. Il laisse alors la liberté à son adjoint de toujours, Jean-Louis Gasset, de s’affirmer en tant que numéro 1 sur des bancs de Ligue 1.

La perte de son acolyte réduit un peu plus son crédit auprès de certains clubs, tant ce duo a brillé par sa complémentarité. Qu’à cela ne tienne, celui pour qui tout à commencé à Montpellier décide fin 2020 de reprendre du service à Al-Rayyan (Qatar), accompagné d’un nouvel adjoint dans ses bagages, Franck Passi. Mais l’homme aux 16 buts en Bleu déchante. Il n’atteint pas les objectifs du club qatari et est limogé début 2022.

Lyon, un chantier en plusieurs phases

Juger le Laurent Blanc d’aujourd’hui relève donc d’une certaine complexité. Ses succès marquants remontent à plusieurs années, une période au cours de laquelle le football a connu son lot d’évolutions. Le vainqueur de l’Euro 2000, pourtant, affirme que sa “vision du foot n’a pas changé d’un iota.” Mais avant d’appliquer ses principes de jeu, qui demanderont du temps et du travail, il y a une urgence : “notre objectif, c'est de prendre le maximum de points sur les cinq derniers matchs, ensuite on aura le temps de travailler.” Prendre des points, et vite, un discours martelé tout au long de la conférence de presse de présentation.

La chance de l’OL et de son nouveau coach, c’est que du temps, ils vont en avoir bientôt. Si la coupe du monde en plein hiver est un crève-cœur pour de nombreux fans de foot, il s’agit aussi d’une opportunité pour une équipe au début de saison raté. Plusieurs semaines pour se refaire la cerise au niveau mental. Et travailler sur “une préparation athlétique de haut niveau” pour “permettre la mise en place du jeu préconisé” et entamer une folle remontée au classement. Avec un groupe presque au complet, puisque les internationaux concernés par le mondial se compteront probablement sur les doigts d’une seule main.

La mission est claire, remobiliser des joueurs méconnaissables, et retrouver, enfin, un entrain, une régularité et des résultats dignes d’un des trois plus gros budgets de Ligue 1. En ligne de mire, un strapontin miracle pour la prochaine Ligue des Champions.

 

Article de Grégoire Doucet

Le Stagiaire

@JeanLeStagiaire

De Gerland jusqu’à Fourvière brillera la ville des lumières.
Merci maman de m’avoir fait lyonnais.