Benoît Pedretti : "Jean-Michel Aulas est le meilleur président français !"

Benoît Pedretti : "Jean-Michel Aulas est le meilleur président français !"

 

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Pour ce cinquième numéro des interviews 100%OL par Goneback, la rédaction est allée à la rencontre de Benoît Pedretti. Formé au FC Sochaux Motbéliard, l'ex-joueur professionnel est revenu pour nous sur sa carrière. Son passage à l'OL, l'équipe de France, ses projets, retrouvez cette interview toute en simplicité.

Benoît, bonjour et merci de nous accorder cette interview croisée format papier. Comment vas-tu ?
Ça va merci. La fin de saison approche et un maintien à acquérir avec la N3 de Nancy.

Comment débutes-tu le football et d'où te vient cette passion pour le ballon rond?
Mon père a joué au foot et mon grand frère a joué à Sochaux jusqu’en Junior national. Je le suivais depuis tout petit sur les terrains.

Peux-tu nous parler de ton arrivée au centre de formation de Sochaux? Est-ce qu'à ce moment là être professionnel est le seul objectif?
Je suis arrivé du club amateur de l’AS Audincourt à l’âge de 15 ans. J’ai fait U17 nationaux avec demi finale de Gambardella et finale du championnat de France puis j’ai joué deux ans avec la réserve en CFA2. Jean Fernandez m’a remarqué et je me suis entraîné avec les pros. Pendant six mois, je n’ai pas joué et à la reprise je joue le dernier match amical avant le championnat. Je débute la saison titulaire puis fait les 38 matchs et la montée en D1. L’objectif était bien sûr de devenir pro à Sochaux tout en sachant la difficulté parce que tous les joueurs d’une génération rêvent de signer pro et finalement seulement 2 ou 3 font une carrière.

Tu as joué à Marseille et à Lyon. Quelles sont selon toi les différences entre le public marseillais et lyonnais? Dans quel club est-ce le plus difficile?
Les supporters Marseillais sont plus nombreux dans toute la France. Ils sont aussi plus nombreux à la sortie des matchs ou des entraînements. À Lyon c’est plus tranquille. Tu peux aller en ville tranquillement ou au resto sans te faire importuner toutes les minutes… L’ambiance en Ligue des Champions était top à Lyon, un peu plus calme en championnat. Je n’ai pas testé le Groupama Stadium. Le plus difficile reste Marseille je pense mais bon tout dépend de l’équipe aussi. J'ai ai eu la chance d’être à Lyon dans une équipe qui gagnait donc je ne peux pas comparer…

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Peux-tu nous parler de ton transfert à l'OL? Comment se sont noués les contacts? Est-ce que le fait de retrouver Pierre-Alain Frau fut un élément important dans ta décision?
Monsieur Aulas me voulait déjà l’année précédente et il a renoué les contacts à la fin de l’année 2005. Il a convaincu les dirigeants Marseillais de me vendre et j’ai signé à Lyon. Le fait de retrouver Pierre Alain aurait pu être sympa mais il est parti à la fin de la préparation. Par contre, il m’avait parlé du club et m’en avait dit que du bien.

Comment se passe ton intégration à l'OL? Quels sont tes objectifs?
L’intégration se passe bien. Je connaissais quelques joueurs que j’avais côtoyé en sélection. L’objectif était de jouer la Ligue des Champions, de progresser et d’avoir un maximum de temps de jeu. Et aussi gagner des titres.

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Tu fais face à la concurrence de joueurs comme Diarra, Juninho, Tiago... comment le vis-tu?
La concurrence est normale dans tous les clubs. Avant de signer on m’avait prévenu qu'Essien allait partir et je devais le remplacer numériquement. Puis fin août, Gérard Houllier fait venir Tiago et j’ai eu beaucoup moins de temps de jeu. J’aurais aimé jouer plus surtout en championnat quand à Noël tu as déjà 15 points d’avance mais malheureusement, le coach ne faisait pas beaucoup de rotation.

Tu n'as jamais dit un mot plus haut que l'autre. Le regrettes-tu?
Non je regrette pas de ne pas avoir élevé la voix parce qu'il faut respecter les choix du coach tout en travaillant tous les jours pour lui montrer qu’on mérite de jouer plus.

"Quand on a Juninho en match, on le laisse tirer"

Dans tes précédents clubs tu avais l'habitude de tirer les coups de pieds arrêtés. C'est différent lorsqu'il y a un artificier comme Juninho? Est-ce qu'on s'en inspire?
Quand on a Juninho en match, on le laisse tirer. Par contre, on travaillait à l’entraînement et c’était des séances de haut niveau. S’inspirer, c’est impossible car il avait une manière à lui de tirer qui est très difficile à imiter.

Tu as joué le match aller face au Milan AC. Comment le club a préparé ce 1/4 de finale? Qu'est ce qu'il a manqué pour se qualifier?
C’était le grand Milan mais on était persuadé qu’on pouvait passer. D’ailleurs ce n’est pas passé loin… Une grosse motivation, une ambiance énorme que ce soit à Lyon ou à Milan. Il nous a peut être manqué un peu d’expérience pour gérer cette fin de match à Milan…

Comment était le vestiaire après l'élimination? Est-il difficile de se remotiver?
Dans le vestiaire, c’était très calme et beaucoup de déception surtout par rapport au scénario. On se remotive parce qu’on est dans un grand club avec l’objectif de gagner tous les matchs.

Si tu devais décrire Jean-Michel Aulas?
Le meilleur président français. Il savait protéger les joueurs quand il le fallait et nous mettre la pression aussi.. Mais proche des joueurs. Un chef d’entreprise exceptionnel avec toujours un coup d’avance sur les autres et quelqu’un qui construit comme le montre le nouveau stade et le centre d'entraînement ultra moderne. Et sa réussite dans le football féminin est aussi une preuve de son talent.

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Que retiens-tu de ton passage à l'OL? Tes meilleurs et pires souvenirs?
Déjà gagner un titre de champion ça reste et c’est important. Une petite frustration par rapport à mon temps de jeu et une déception de s’être arrêté en 1/4 de finale de Champions League.. Mon meilleur souvenir : j’avais marqué lors du derby contre St Etienne 4-0. Le pire souvenir c'est de ne pas être rentré en jeu au début de saison 2006-2007 quand les joueurs de la Coupe du monde n’étaient pas encore revenus de vacances.

As-tu des anecdotes à nous raconter?
Pas d’anecdotes mais des supers moments de groupe que ce soit en Corée ou lors des voyages en Ligue des Champions ainsi que la fête du titre de champion de France..

Quel bilan fais-tu de ta carrière? Des regrets? Tu n'as jamais voulu tenter l'aventure à l'étranger?
Non pas de regrets, j’ai toujours donné le maximum et pris du plaisir. Je n’ai jamais eu d’offres intéressantes de l’étranger mais ça m’a pas dérangé de faire toute ma carrière en France.

"Avoir joué avec des joueurs comme Zidane, Henry [...]C'était incroyable"

Tu as connu 22 sélections en équipe de France. Que retiens-tu de ta carrière internationale? Qu'est-ce qui t'a manqué selon toi pour être encore plus appelé?
La fierté de représenter son pays et à chaque fois c’était un honneur. Avoir joué avec des joueurs comme Zidane, Henry… pour ne citer qu’eux. C’était incroyable… Pouvoir disputer l’Euro au Portugal a aussi été un grand moment. Il m’a manqué de passer le cap avec Lyon. Ayant moins de temps de jeu à Lyon, c’était impossible d’être appelé en équipe de France. La seule déception ça a été de ne plus être sélectionné sans avoir aucune nouvelle du sélectionneur et n’avoir aucune explication mais c’est comme ça.

"Ce n'est pas la fin de l'ère Aulas"

Que penses-tu de l'actualité OL? Quels sont pour toi les raisons de cette mauvaise saison? Est-ce que ça peut être le début de la fin de l'ère Aulas?
Il peut y avoir plein de raisons mais n’étant pas à l’intérieur c'est difficile de juger. Déjà le problème de gouvernance entre Juninho et Vincent Ponsot voire Bruno Cheyrou, ce n’est pas le top. Le club est aussi reparti sur un cycle avec Peter Bosz et ça prend un peu plus de temps que prévu. Le plus important c’est la qualité des joueurs qui est inférieure à Paris, Rennes, Marseille, Monaco… On n'a jamais senti ou rarement un groupe uni pour aller chercher la victoire tous les week-ends.. Ce n’est pas la fin de l’ère Aulas, il faut juste que tout soit clair : qui est le boss, qui est le responsable du sportif… Et la prolongation de Caqueret est une superbe nouvelle pour le club.

Quels sont tes objectifs en tant qu'entraîneur?
Sur le court terme c’est obtenir mon BEPF en 2023, et j’espère aller le plus haut possible. Mais c’est un métier où il faut prendre son temps et gravir les échelons tranquillement.

Benoît, merci pour cet entretien. Si on devait finir avec un mot de ta part aux supporters lyonnais, ce serait lequel?
Je leur souhaite des belles soirées au Groupama Stadium et de revoir rapidement la Ligue des Champions… Et comme dirait quelqu’un : n’oubliez jamais, l'Olympique Lyonnais est une formidable raison d’être heureux !

Propos recueillis par Florian et Cook'/ Rédaction: Jérémy Le Roch et Antoine Melinand

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Antoine

@Djims68 - Journaliste, passionné du football en surface mais amoureux de l'OL en profondeur.